L’année déroulée en projets

Je terminais en juin dernier une année principalement consacrée à la promotion de mon roman Le Corps des bêtes. Pendant cette période, j’ai bien entendu travaillé à mon prochain roman, mais je l’ai fait surtout sur une base exploratoire, à la recherche du ton exact, des bonnes voix, de mots justes et de la structure la plus pertinente pour faire vivre aux lecteurs ce que je souhaite raconter. J’ai dû trouver la bonne forme mi-juin, et je terminerai l’été avec un chapitre (sur environ dix-huit) de complété. Si la dernière année en était une de déplacement, ponctuée par des périodes consacrées à l’écriture, celle qui commencera ce septembre, sera, en miroir, une année consacrée à l’écriture, ponctuée de quelques événements. Ce rythme-là du travail, de la chaise, du silence et de la solitude, je l’accueille avec soulagement et appréhension combinés. J’ai aimé être davantage en relation avec les lecteurs, l’an dernier, et je ne sais plus si j’ai la forme physique pour rester dans la posture rédactionnelle des journées entières.

Je suis bien sûr traversée des angoisses habituelles (tenir le ton sur plusieurs chapitres, trouver les bonnes scènes, raconter avec justesse les émois des personnages et laisser le plus de place possible à mon lecteur), mais je suis aussi confrontée à la «professionnalisation» de ma pratique littéraire. Jusqu’à la fin de la rédaction du Corps des bêtes, j’étais une écrivaine/universitaire/étudiante, et la multiplication des chapeaux m’évitait de trop grandes solitudes, diversifiant naturellement les possibles du quotidien. Je ne suis plus qu’écrivaine désormais. C’est un privilège immense que celui de me consacrer à ma pratique, mais il implique quand même de jongler avec toutes sortes d’enjeux, depuis ceux très terre à terre de la gestion serrée d’un budget (et le plaisir d’acheter beaucoup trop de livres), à ceux, plus ludiques, de doser écriture et loisirs créatifs dans une même journée ou éviter de me transformer en sauvage quand trois, quatre, cinq, sept semaines s’annoncent sans sorties, éviter alors d’être absorbée seulement par cet univers qui me nourrit autant qu’il me mange.

Je songe écrire davantage sur mon blogue, pour me tirer un peu vers l’extérieur, pour aller à votre rencontre, auteurs et/ou lecteurs qui vous intéressez à la fabrique du roman. En plus de l’écriture de ce livre que j’appelle provisoirement «Daã», j’ai quelques projets qui se dessinent lentement, des projets simples, mais qui me permettront de rester près du texte, tout en n’étant pas dans l’écriture à proprement parler, si je suis devant un syndrome de la page blanche un peu trop violent.

  1. Je poursuivrai assurément l’exploration photographique entreprise l’an dernier.
  2. Parallèlement, j’espère avoir l’occasion de faire davantage de portraits, particulièrement des écrivains québécois.
  3. En plus de présenter ces explorations photographiques et photographies d’auteurs, je veux faire de mon compte Instagram un lieu inspirant qui permette de découvrir d’échanger autour de nouvelles et plus anciennes voix littéraires. Comme avec l’événement #12août j’ai appris à faire des stories, je songe à en publier plus régulièrement, qui serviront à présenter les livres que je lis et à discuter avec vous sur le sujet.
  4. Je songe à créer des ateliers d’écriture qui auront lieu chez moi (format 2 heures + une journée). Des détails à ce sujet suivront sans doute à la fin de l’automne.
  5. J’orchestre présentement une demande de subvention afin de créer un collectif qui se penchera sur la question de la relation entre féminité et territoire. Plus de détails suivront sur le sujet si ça fonctionne.

D’ici à ce que le retour au travail soit inéluctable, je vous souhaite un doux été. Pour ma part, je retourne à la découverte des univers poétiques achetés dans le cadre de l’événement « Le douze août, j’achète un livre québécois ».

 

Commentaire

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  • Richard Migneaultaoût 13, 2018 - 9:18

    Que des projets fantastiques ! Je me ferai tout un plaisir en te suivant dans te pérégrinations littéraires.  RépondreAnnuler