« Le ver laboure la terre qui fait pousser le maïs qui nourrit la poule qui nourrit le renard qui donne la fourrure que le pauvre utilise pour faire le manteau du riche. Personne ne mange le riche. Personne ne mangera jamais Féléor Barthélémy Rü. »

Quatrième de couverture

De son aïeul grand veneur, Féléor Barthélémy Rü ne reçoit pas seulement une immense fortune ; il hérite également du désir de tuer et d’un goût pour la chair crue. Ces plaisirs, il les développe au contact des femmes qu’il croise et qui deviennent, pour certaines, ses épouses et victimes. Car ce n’est pas le daim ni le loup que chasse celui que, dans la Cité, on appelle bientôt l’Ogre, mais des femmes qui, pour étonnant que cela puisse paraître, vont à lui de leur plein gré. D’où viennent ces femmes ? Qui sont-elles et qu’est-ce qui les pousse vers Féléor Barthélémy Rü ? Pourquoi se donnent-elles à lui et qu’ont-elles fait pour en être aimées, parfois tuées ? C’est ce qu’elles expliquent dans les carnets qu’elles laissent derrière elles et que Féléor assemble en un curieux livre – celui qu’on va lire – après le meurtre de sa dernière épouse.

Mercredi, Constance, Abigaëlle, Frida, Phélie, Lottä, Marie : sept femmes, sept expériences du désir et de la mort, sept écritures qui disent la féminité, la haine de soi, le narcissisme, la soumission tantôt feinte, tantôt amusée. À la lecture des carnets, Féléor commente, rectifie, ajoute des détails ou des épisodes entiers, sans jamais justifier ses meurtres ni exprimer de regrets.

Polyphonique et amoral, le roman d’Audrée Wilhelmy interroge les relations de pouvoir, l’établissement des fantasmes et l’assouvissement des envies.

Nominations et prix

2015: Prix Sade, France

2015: Finaliste, Prix des lecteurs de l’Hebdo, Suisse

2015: Finaliste, Prix Marie Claire du roman féminin, France

2014: Finaliste, Prix des libraires du Québec

2014: Finaliste, Prix France-Québec,

 

Extrait: 

Par exemple la pensée « meurtre ». Féléor dit qu’il faudrait que j’explique le sentiment d’indifférence que j’ai  l’idée de quelqu’un qui enlève la vie de quelqu’un d’autre. Mais il n’y a pas de mots qui réussissent à expliquer vraiment ce que j’en pense. La mort et la violence sont des choses qu’on doit absolument voir comme mal, mais moi elles ne me gênent pas. Les gens pensent que cette indifférence-là nait dans l’horreur. Comme si la dureté du monde devenait une habitude. Je ne crois pas que ce soit vrai. 

(p.99)

Vous pouvez entendre un extrait lu par l’auteure sur le site de la Fabrique culturelle.

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