Sinala, de Lydia Barnabé Roy

 (Après Marie-des-Cendres)

Sinala

Jeune femme portant une magnifique robe bleue rappelant l’océan. Ses yeux bleus comme la mer transpercent l’âme à nous faire oublier qui l’on est. Elle a de superbes courbes. Elle détient une généreuse poitrine avec un grain de beauté sur le flanc de son sein droit. Elle sent la liberté, la nature, le sable mouillé. Ses cheveux sentent la fleur et l’eau salée. Noirs d’un noir si profond qu’ils vous entraînent jusqu’au fond de l’océan et rappellent les vagues par leur incroyable ondulation. En la voyant, on entend presque la mer comme dans un coquillage que l’on colle à notre oreille.

Février

Ma sœur,

En ce douzième jour du mois de votre fête, je vous écris enfin. Après tant de temps, me voilà enfin, même si ce n’est qu’en mots. C’est peut-être dur à croire, mais je vous aime. Vous savez que pour vous je ferais tout : passer par-dessus mes principes, mes valeurs et donnerais ma propre vie. Et ce, même si maintenant vous n’êtes plus en cette Terre. Vous êtes la seule qui ait été auprès de moi, qui m’avez toujours soutenue, aidée. Maintenant, je vous rends la pareille. Je vous ai assez longtemps laissée seule à votre propre sort ne pensant qu’à ma liberté, mon amour.  Bien qu’il soit trop tard aujourd’hui, je vous vengerai, je le jure. Je me suis toujours ennuyé de vous, j’ai toujours ressenti votre absence, un vide en moi qui me rongeait. J’ai compris trop peu trop tard et je me reprends enfin pour cette impardonnable erreur. J’espère que vous me le pardonnerez un jour de là-haut. Je ne vous ai jamais oubliée et ne vous oublierai jamais. On comprend la valeur des personnes que nous aimons quand elles nous quittent. On ne leur dit pas assez souvent que nous les aimons et ne leur donnons jamais assez, je m’en repentis, laissez-moi me racheter.

 

Mars

J’essaierai de vous écrire chaque mois. Je sais que, de là-haut, vous voyez ce que je vous adresse. Je crois que vous veillez sur moi, en cet immense ciel bleu, comme un ange gardien. En tout cas, j’espère… je ne le mérite pas vraiment après ce que je vous ai fait vivre. J’étais jeune, je ne voulais pas vous laisser seule, je n’ai pas réfléchi, j’ai pensé seulement à mon petit nombril. En ce moment, je souhaite de ne pas me faire prendre. Il ne faudrait pas, il ne doit pas avoir à me poser des questions. Je ne veux pas perdre la chance de vous rendre hommage. Au moins, il n’a pas vu que nous étions parentes, merci à notre père pour cela; changer de femme, parfois, ça a ses avantages. Sachez ma sœur, ma petite perle, que je ne commets aucun péché envers mon humble mari. Il est au courant de tout, a compris mes intentions et m’y a même poussée; lui aussi se sent coupable de tout ça. Il a accepté et va m’aider en temps et lieu. N’est-ce pas formidable? L’autre ne se doute encore de rien. Il est trop subjugué par ma personne. Je fais l’effet escompté. Vous êtes morte trop jeune ma chérie et je sais, vous connaissant mieux que quiconque, que tel n’était pas votre désir.

 

Avril

Chère sœur,

Je m’excuse pour l’oubli de la salutation dans ma dernière lettre, mais je ne devais pas me faire prendre comme je vous l’ai mentionné. C’est impératif pour ma vie et davantage pour votre mémoire. Féléor surgit souvent quand on ne s’y attend pas. Je l’attise trop, il essaie de me surprendre. De mon côté, je réduis au strict minimum nos contacts sexuels. Je n’aime pas ça, mais j’y suis malheureusement obligée pour arriver à mon but. Je suis contente de dominer pour pouvoir tout décider. Il m’a dit que cela faisait longtemps qu’une femme ne l’avait pas dirigé entièrement. Pourvu que cela reste ainsi jusqu’à la fin. Donc, pour en revenir à ce que j’écrivais plus haut, je me dépêche de vous écrire chaque mois une douzaine de lignes puisque je ne sais jamais quand il se pointera le bout du nez. Par la suite, je les cache à différents endroits, aucune à la même place. Par chance, les servantes m’écoutent toutes aussi bien que lui et quand je leur dis de déguerpir, elles le font. Personne sauf moi ne connait l’emplacement de ces parchemins. De plus, ce vieux pervers commence à décrépir, il n’entend plus autant qu’avant. Donc, de nombreuses fois, je l’entends…

 

Mai

Marie,

Ma petite princesse, lorsque vous aviez douze ans je vous ai abandonnée. C’est pourquoi ce nombre est aussi significatif pour moi. Je dois renouer avec lui pour pouvoir l’oublier une fois pour toutes. Ne pas vous oublier vous, mais effacer ce que j’ai fait. Je sais que c’est impossible, cependant, il faut bien que j’arrive à me pardonner moi-même. Et c’est une des manières que j’ai trouvée en réduisant ce nombre à néant en l’utilisant le plus que je pourrai et en vous vengeant. En février, cela a fait douze mois que l’Ogre vous a tuée. Je vous vengerai en autant de temps. Je ne peux tout dire en douze lignes, mais depuis le début de mes lettres je suis chez lui. Avec ce mois-ci, il me reste neuf mois pour lui faire avoir totalement confiance en moi, le rendre fou. Pendant cet intervalle, j’essaierai d’échafauder le meilleur plan possible pour faire tomber cet être ignoble. Je dois le faire payer. C’est excitant, car il ne se doute de rien. Je devrai l’amadouer habilement, continuer à le manipuler. J’ai lu les textes des autres femmes… je dois me faire créative, les autres avant ont été percutantes pour lui, elles ont laissé leurs traces, leurs empreintes. Je dois exceller.

 

Juin

Ma petite fleur,

J’ai trouvé! J’inventerai ma mort de toutes pièces! Il adorera! Il faut que je pense encore aux détails, mais je suis sur la bonne piste! J’aimerais avoir mon mari à mes côtés, je me languis de lui, de son amour et de voguer sur l’océan. Je n’aime pas le trahir en baisant avec un autre que je hais jusqu’au plus profond de ma chair. C’est malencontreusement un mal à vivre pour qu’il embarque dans mon jeu. Au moins, je me console en me disant que mon Essylu ne m’en voudra point. Il sait que je l’aime, que je lui appartiens et que je lui suis dévouée. Féléor me dégoûte à un tel point! Quand je décide de lui laisser accès à mon corps après un long moment, il se jette dessus comme un chien à qui on offre un os. Il a l’haleine d’un vieillard qui ne se brosse plus les dents depuis des millénaires. En plus, à chacun des va-et-vient qu’il exécute, il fait des râles indescriptibles qui me glacent le sang. Puis, quand il jouit, son râle fait comme une explosion qui me fige complètement et me donne envie de vomir sur le champ. À la fin de chaque séance de sexe, je suis tellement exténuée que je m’endors. Je suis vidée d’énergie rien qu’à ouïr ses sons.

 

Juillet

Mon petit cœur,

Je pense à toi chaque jour. Ta vie a dû être misérable ici. Les servantes font absolument tout et le travail est interminable. J’aimerais mieux mourir que d’être elles. En parlant de mort, je lui en ai parlé pour la planification de la mienne. Il a été bien peu réceptif au début, j’ai eu un peu peur. Il m’a confié que je l’enivrais à un tel point que j’étais au même stade que Lottä, sa femme préférée qu’il avait voulu préserver. Néanmoins, j’ai bien vu dans ses yeux qu’il y avait un manque quelque part et que je ne dépasserais jamais cette grande âme qu’il avait connue. En plus, ce n’était pas cela mon but, d’être la plus importante, il devait seulement avoir l’illusion que je l’étais. Il n’a pas assez de sexe et il ne domine pas, alors que c’est dans sa nature. C’est ce qui le fait vivre. C’est là le problème. Toujours est-il qu’il est inconscient encore. Il ne se rend pas compte de cette absence chez lui tellement je l’aveugle. Mais moi, je sais tout. Il ne devait pas se redécouvrir…, malgré moi, en le surprenant avec la mise en scène de mon meurtre, je l’ai éveillé. L’ours en hibernation était sorti de sa transe, était-il possible de l’arrêter?

 

Août

Petite Marie,

Ça a marché! Il était sur le point de vouloir dominer et de prendre le contrôle, mais j’ai repris les rênes. Mes belles paroles fonctionnent très souvent. Les humains sont des êtres remplis de curiosité et c’est facile de les embobiner comme cela. C’est ce fléau qui l’a emparé et qui le fait s’abandonner à moi. Juste pour voir ma fin, jusqu’où je peux aller pour son plaisir, il est devenu exalté. Je suis fière du chemin que j’ai parcouru jusqu’ici ma sœur pour te faire grâce. Il me reste la moitié de l’an pour tout peaufiner. Veille de là-haut sur ta grande sœur et sur mon Essylu s’il-te-plait. Protège Niss, notre chien adoré, notre compagnon de jeu, notre confident qui a été notre seul véritable ami et accompagnateur de vie. Il mérite une bonne vie de chien. J’espère qu’il est parti de la maison et qu’il s’est fait une famille. De plus, occupe-toi bien de toi au ciel mon petit ange. Tu dois être bien malgré ta violente fin. Pense à toi pour une fois. Fais ce que tu n’as pas pu faire sur Terre. Je t’aime ma meilleure amie. Le jour viendra où nous nous retrouverons et que je pourrai enfin te resserrer dans mes bras.

 

Septembre

Bonjour ma sœur,

Je prépare ma mort. J’ai dit à Féléor que j’orchestrerais tout. Pour le déconcerter et pour faire différent des autres filles, je lui ai dit que nous préparerions ma chambre de souvenirs avant ma mort. Il devrait aussi faire son À propos de Sinala…à l’avance pour qu’il soit le dernier objet que nous poserons dans la pièce avant que je ne m’éteigne pour de bon. Bien que moi et toi sachions que cela n’est pas réel. Donc, dans cet endroit, j’y ai installé de l’eau de mer. C’est mon élément de la nature préféré et, de plus, c’est celui qui me rattache à mon marié. J’y ai laissé aussi les vêtements et accessoires de ma première rencontre avec Féléor. C’est-à-dire mon collier de perles, ma robe bleue et mes bottes noires. Tous mes éléments de garde-robe préférés. J’y mets des choses de valeur pour que cet Ogre croie à mon histoire. De plus, je prends le moment de tout lui expliquer en quoi ces trucs sont significatifs pour moi. C’est un plus, puisqu’avec les autres, il ne se fiait que sur ce qu’il voyait d’elles. Maintenant, il a mon avis et mes raisons. Il y a sûrement des choses que j’inclus dans cette chambre auxquelles il n’aurait pas pensé.

 

Octobre

Salut petite perle,

Je suis encore dans les préparatifs de mon tombeau. Féléor sourit beaucoup ces temps-ci. Il est impressionné par mon engouement et ça l’excite. Il a les yeux pétillants et moi ça me donne des hauts le cœur. Hier, c’était le jour de sexe. Féléor était tellement excité, il a joui après deux minutes. Il a été tellement intense qu’il m’a griffée super fort. J’en ai des bleus! En plus, il m’a mordu un mamelon si fort qu’il saignait après. J’avais aussi le vagin en feu étant donné la vigueur à laquelle il faisait aller sa queue en moi. C’était répugnant. Lorsque je suis allée me laver après qu’il ait répandu tout son sperme sur moi, je me suis fait trois lavages de tête et de corps. Il trouvait ça long, mais moi je lui ai fait croire que je me touchais parce que j’avais trop aimé ce qu’il m’avait fait vivre quelques instants auparavant et que j’avais hâte à la prochaine fois, même si c’était faux. Bref, tout ça pour des cheveux, des coquillages et des images de dauphins mises dans une chambre. Au moment opportun, je rassemblerai en cette pièce tous ces écrits pour toi sœurette. L’Ogre est trop emballé, il pourrait fouiller et tout découvrir si je les y mettais.

 

Novembre

Bonsoir Marie,

La chambre est prête. Le récit de Féléor sur moi achève. Je suis stressée, tu ne sais pas à quel point. Il ne peut plus se contenir, c’est insoutenable. Il appréhende ma mort avec envie. J’ai seulement le goût de pleurer toutes les larmes de mon corps. Mais je dois rester forte pour moi, pour mon Essylu et pour toi, Marie. Je ne peux laisser tomber, tout arrêter impliquerait trop de gens, et je ne peux faire cela. J’ai trop d’amour et de considération pour vous. Vous m’avez toujours soutenue, aidée. C’est dur, si tu savais. J’ai peur que sa convoitise de mon décès prenne le dessus et qu’il me tue pendant la nuit. Je suis comme toi, moi, ma petite fleur. J’ai une peur bleue de la mort. Pour moi, la meilleure mort, c’est mourir pendant son sommeil, mais, le problème, c’est que si ça arrivait maintenant, je ne t’aurais pas vengée. Et cela me mortifie. Je ne peux imaginer monter te rejoindre en ayant échoué. Je ne peux le laisser dominer une fois, car il prendra le contrôle intégralement et ce sera la fin. Par contre, le laissant comme ça, je vais devenir folle. Que devrais-je faire?

 

Décembre

Marie,

Je lui ai enfin dit que je voulais mourir en février. Il a semblé trouver ça bizarre, mais il n’en a pas fait de cas. C’est sûrement parce qu’il se rappelle qu’il t’a assassinée ce jour-là. Il a dû se dire que c’était une coïncidence puisque ça ne l’a pas plus ébranlé que ça. Je suis très persuasive. Je lui ai dit qu’il me fallait encore du temps pour me préparer et lui faire le plus beau spectacle de sa vie. Ça l’enchante tellement qu’il n’en a guère fait allusion. Depuis un temps, il s’est adouci au lit et c’est heureusement pour moi. Je n’en pouvais plus. Je crois qu’il se préserve pour le grand jour. Il commence à se faire plus vieux alors, pour ce moment inouï il devra être au summum de ses capacités pour jouir de ce moment fabuleux. Il a terminé ses écrits sur moi. Malgré que je déteste cet humain au plus haut point, j’avais envie de savoir ce qu’il pensait de moi. Je voulais savoir l’emprise que j’avais sur lui, ce que je lui faisais ressentir, pour mieux le détruire lorsque je le tuerai. Cependant, il n’a pas voulu. J’étais bleue de rage. Il ne voulait pas tant qu’il n’aurait pas lu ce que moi j’écrivais.

 

Janvier

Ma sœur,

Je ne pourrai jamais lire ses mots. Ça me met hors de moi. Au moins, je me dis que, pour une fois depuis longtemps, il domine sur quelque chose et je ne peux lui enlever ça. J’ai trop peur des représailles. Les conséquences pourraient être fatales. Mieux vaut commencer, un peu, à me tenir tranquille sur les demandes. Il est énervé par ce qui s’en vient et il se contrôle. Je ne dois pas le contrarier. J’ai expliqué à Féléor mon souhait de mourir dehors, le vent caressant mes rondes joues, ma jupe volant dans les airs. Je lui ai annoncé que je voulais terminer ma vie sur le bord de la mer, les pieds dans le sable. Je désirais sentir le soleil me réconforter de sa chaleur et m’accueillir dans l’autre monde avec tendresse. Voir la lumière une dernière fois avant de m’éteindre pour de bon, puis entendre la musique des vagues. C’était le meilleur endroit. C’était éloquent pour moi, cela servirait à être proche de mon mari et de ma sœur au cas au tout terminerait mal et que je ne pourrais accomplir ma mission. Je suis une stressée, alors je prévois toujours tout. J’ai peine à me contenir, peut-être reverrai-je mon Essylu si tout se passe comme il se doit?

 

Février

Ma douce moitié,

Si je t’écris en ce jour, c’est pour te dire que j’ai réussi. Cet Ogre est maintenant aux oubliettes. Mon Essylu est venu me rejoindre après douze mois comme prévu sur la plage. Féléor était sur le point de me tuer, il était allé plus vite que prévu. Il était en genre de transe. Il avait débuté à me lacérer le cou en enfonçant son membre en moi. J’avais terriblement mal, et il s’abreuvait de cela, de mes douleurs et d’enfin me posséder au complet. Une chance que la vieillesse s’emparait de lui et de son ouïe parce que, grâce à cela, il n’a pas entendu mon mari arriver et n’a pu se débattre puisqu’il avait moins de vigueur qu’autrefois. Essylu est arrivé à temps… Tant mieux, Féléor est mort comme prévu. Je t’ai vengée, Marie. Je me suis pardonnée. Au revoir Douze. J’ai eu de fantastiques retrouvailles avec mon mari. C’était comme si nous étions au premier jour. Nous avons marché longtemps, bavardé. Puis, je suis allée chercher mes affaires chez le mort. J’ai pris mes écrits, les ai placés dans ma chambre de morte. J’y ai repris mes choses, les ai remplacées par celles de Féléor. J’ai pris ses écrits, les ai lus. Et j’ai tout brûlé…

 

À propos de Sinala

Cette femme, elle n’était pas comme toutes les autres. Elle était tellement mystérieuse. Elle m’enchantait telle une sirène. Sa beauté résidait autant dans son allure physique que dans sa force intérieure. J’ai toujours senti un côté cachottier chez elle qui ne m’a jamais dérangé. Il m’a toujours nourri dans ma soif d’elle, de son corps. Ah, son corps! Une merveille qui plus est, mais qu’elle ne laissait jamais toucher sans consentement. J’ai toujours cru que c’était normal. Mais, je voulais la tuer. J’y ai souvent songé. Je ne sais pourquoi, mais à chaque fois que je me disais que j’allais le faire, que j’allais prendre le dessus pour une fois et l’assassiner, je m’arrêtais. Je sentais qu’elle savait que j’allais faire quelque chose, et ce pressentiment me freinait toujours. Le plaisir ne serait pas aussi bon si elle se doutait. On dirait qu’elle avait une sorte d’énergie en elle me restreignant à toutes ses volontés. J’avais difficulté à m’y contraindre. Aussi j’avais toujours l’impression de la connaître totalement, par cœur, puis d’autres fois, de la prendre totalement pour une inconnue, ne sachant rien. Elle m’étonnait toujours… À la longue, je me suis fatigué de me sentir comme ça, d’essayer de combattre ce sentiment. Alors je me suis laissé à elle, attendant qu’elle décide quand le grand jour que j’attendais tant viendrait. Une chance pour moi, cela n’a pas été trop long. Elle m’a tellement surprise depuis le début de notre rencontre que je devais aller jusqu’à la fin, découvrir son trésor, son secret qu’elle cachait au fond de l’océan de son âme. Chaque soir en rentrant à la maison, je ne la trouvais pas avant longtemps, elle marchait dans le manoir, je ne savais pas ce qu’elle faisait encore et toujours, mais je m’en foutais et quand je la voyais, je me mettais à bander comme un taureau. Comment une femme peut être si excitante? Sa seule présence, son énergie, son aura provoquaient ces émois en moi. Je ne pouvais me contenir. Je voulais me déchaîner sur elle, être une bête sauvage. Je ne le pouvais pas, tellement sa force et son assurance me contrôlaient totalement. Bien que, quelques fois, j’ai dépassé les bornes et qu’il y a eu du sang. Mais elle aimait ça, enfin, je crois… Elle parlait peu de ses sentiments. Bref, je ne pensais qu’à elle tout le temps, elle emplissait mes pensées et je me touchais à sa vision. Elle était ma muse. Lottä n’était plus qu’un fantôme pour moi, je l’avais oubliée. En revanche, je n’avais pas assez de sexe à mon goût, il n’y avait pas assez de brutalité, voilà pourquoi il me fallait la tuer.

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écrivaineWILHELMYAUDRÉE

Écrivaine québécoise née à Cap-Rouge (Québec) qui habite Montréal.

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E. wilhelmy.audree@outlook.com