Une idée pour le Salon du livre de Montréal

Hier, je participais au « cabinet de curiosités et autres friandises » de Québec en toutes lettres. Je devais créer une table qui représentait mon univers et sur laquelle je disposais différents objets au cœur de ma démarche. Les visiteurs, prenaient un verre, circulaient autour des tables et les objets étaient un prétexte à conversation. Un autre espace était consacré à des pièces mystères, transformées et animées par des auteurs, mais c’est une autre histoire. Moi, j’étais à l’étage du bas, et j’avais construit un espace tout narratif, entre l’herboristerie, le vieux grenier steampunk et les archives d’exploratrice.

Pendant la soirée, j’ai pu observer à quel point les objets permettaient d’amorcer les discussions et combien ils facilitaient l’immersion du lecteur dans mon imaginaire. Le phénomène ne m’était pas étranger : l’an dernier, au Salon du livre de Montréal, j’avais amené les mêmes carnets à dessins que ceux que j’exposais hier. Et cela avait changé de façon très nette la manière d’intervenir des gens qui s’arrêtaient à mon kiosque.

En rangeant mes choses, ça m’a frappée d’un coup. Et si, au Salon du livre, tout le monde apportait un objet ou deux et organisait sa table pour qu’elle soit aussi mystérieuse et intéressante que possible? Pas des installations élaborées comme celles d’hier, simplement un objet qui permette d’initier la conversation. Parce qu’on va se le dire, l’expérience de voir des gens « prendre leur marche de santé » dans le Salon du livre, sans échanger avec les écrivains, c’est déplaisant; mais s’approcher d’une pile de livres avec un auteur qui a l’air seul au monde dans la marée humaine des gens qui vont voir Ricardo, c’est mortifiant, gênant, et ça met le lecteur potentiel très mal à l’aise. Il me semble qu’avec un petit objet placé pour ouvrir la conversation, le temps passerait plus vite pour les écrivains, et les lecteurs repartiraient, eux, avec l’impression d’avoir vécu une expérience immersive bien plus intéressante que l’espèce d’hypnotisme qui est le résultat habituel de ces journées.

Évidemment, rien ne m’empêche d’agir seule. Cette année encore, je poserai sur ma table mes carnets et mes dessins. Mais le poids du nombre viendrait complètement transformer l’expérience du lecteur, et c’est là que cette idée me semble intéressante. J’aime imaginer un salon du livre qui, dans 5 ans, sera un immense cabinet de l’étrange, sorte de chasse au trésor où tout le monde repart gagnant, un Salon dont vous êtes héros, où le parcours de chacun n’est pas le même…

 

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